Voyages dEverard Isbrands Ides (in Prevost's Histoire Generale des Voyages). 2

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Voyages dEverard Isbrands Ides (in Prevost's Histoire Generale des Voyages). 2
Voyages dEverard Isbrands Ides, ambassadeur de Russie à la Chine, en 1693
WF00029B
Western
French
Evert Ysbrants Ides (1657-1708)
5:505
1848
Paris: Didot
Also a translation of Driejaarige Reize naar China te lande gedaan door den Moskowischen Afgezant NB. How does this differ from the other French translation above?
Ides, "Voyages dEverard Isbrands Ides, ambassadeur de Russie à la Chine, en 1693", p.5:505. See TEXTCOURT digital edition "Voyages dEverard Isbrands Ides (in Prevost's Histoire Generale des Voyages). 2" (Code: WF00029B): https://textcourt.ames.ox.ac.uk/database/foreignrecords/WF00029B/, accessed 2026-01-08
Page 1

Pendant que l’Ambaſſadeur étoit à table, le principal Comédien, ſe
mettant à genoux devant le Mandarin, lui préſenta un Livre de papier
rouge, qui contenoit en lettres noires la Liſte des Comédies qu’il étoit
prêt a repréſenter. Lorſque le Mandarin eut déclaré celle qu’il
choiſiſſoit, il baiſſa la tête juſqu’à terre, ſe leva, & commença
auſſi-tôt la repréſentation.

On vit d’abord paroître une très-belle femme, vêtue de drap d’or, &
parée d’un grand nombre de joyaux, avec une couronne ſur la tête. Elle
déclama ſon rôle d’une voix charmante. Ses mouvemens & fes geſtes
n’étoient pas moins agréables. Elle tenoit un éventail à la main. Ce
Prologue fut immediatement ſuivi de la piéce, qui rouloit ſur l’hiſtoire
d’un ancien Empereur Chinois, dont la Patrie avoir reſſeuri les
bienfaits, & qui avoir merité que le ſouvenir en fût conſacré dans une
Comedie. Ce Monarque paroiſſoit quelquefois en habits Royaux ; & l’on
voyoit ſucceder ſes Officiers, avec des enſeignes, des armes & des
tambours.

Pour intermedes, on donna une ſorte de farce , repréſentée par les
laquais des Acteurs. Leur habillement & leurs maſques étoient auſſi
plaiſans que l’Ambaſſadeur en eût jamais vûs en Europe. Ce qu’on lui
expliqua de la piéce ne lui parut pas moins rejouiſſant ; ſur tout un
acte, qui repréſentoit un homme trompé en mariage par une femme de
mauvaiſe vie, qu’il croyoit fort fidèle , quoiqu’elle reçût les careſſes
d’un autre en ſa préſence. Le ſpectacle fut accompagné d’une danſe à la
maniere Chinoiſe. On repréſenta ſucceſſivement trois piéces, qui
durerent juſqu’à minuit.